Le mois d’or

Qu’est-ce que le mois d’or ?

Dans de nombreuses cultures, la femme qui vient de mettre au monde un enfant, devient le centre de l’attention pour lui permettre de récupérer après la grossesse et l’accouchement.

En Chine, cette période se nomme “le mois d’or”, ce sont les 30 à 40 jours qui suivent la naissance d’un enfant. D’ailleurs, dans la tradition chinoise, on dit que les mamans qui se reposent et profitent de leur mois d’or, deviennent vieilles et belles.

Imaginez qu’après votre accouchement, quelqu’un de bienveillant (ou même plusieurs) s’occupe de vous afin que vous puissiez vous reposer et récupérer de l’accouchement. Imaginez que l’on vous cuisine des petits plats adaptés à cette période, que l’on s’occupe des tâches ménagères, et que vous ayez moins de stress et de préoccupations. Ça fait rêver, non?

Pendant la grossesse et l’accouchement, le corps est très sollicité. Il faut l’énergie d’un marathon pour mettre au monde un enfant, pas étonnant que l’on ait besoin de récupérer après.

La fatigue, une alimentation inadaptée et le stress peuvent provoquer une baisse d’énergie et des problèmes de santé, qui peuvent suivre la jeune maman pendant très longtemps..  Être accompagnée pendant cette période aide à récupérer de façon durable. Pour les familles chinoises, le mois d’or est vu comme un investissement pour l’avenir et j’aime beaucoup cette idée.

Mettre en place le mois d’or, c’est prêter une attention particulière à la maman, pour le bien être de chacun des membres de la famille.

Le post-natal, le grand oublié de la périnatalité

Alors que les accompagnements sont centrés sur la grossesse et la naissance, le postnatal , lui, reste un peu dans l’ombre.

Les statistiques de la période postnatale sont alarmants:

  • une femme sur 5 ferait une dépression post-partum
  • 80% d’entre elles connaissent un baby blues qui, du coup, devient “normal”, alors qu’il est bien plus souvent corrélé à la manière dont la naissance s’est passée qu’à la chute des hormones!
  • le suicide est la deuxième cause de mortalité des femmes en période périnatale soit 13.4% des jeunes mères décédées.

Il est pour moi évident que la période postnatale est un enjeu de santé.

Et on est toutes concernées, car même si devenir mère n’est pas ou plus dans nos projets, on reste ou sera une grand-mère, tante, cousine, amie…..…

Il est grand temps d’accompagner les femmes et les familles au-delà du séjour en maternité.

Le post-partum n’est pas une fatalité, un mauvais moment à passer. Ni une période où l’on ne vit que sur un petit nuage, rempli d’amour pour son bébé. C’est un entre-deux qui, malgré les enjeux, la fatigue et les inquiétudes peut se révéler merveilleusement doux et puissant.

Alors concrètement, on fait quoi?

Comment faire pour que le mois d’or devienne ces quelques merveilleuses semaines pleines d’amour pour la jeune maman et son bébé?

Et si on revoyait notre définition de la grossesse?

Puisque le bébé humain naît immature et très dépendant, on peut considérer que le premier trimestre après la naissance d’un enfant est en fait le quatrième trimestre de la grossesse. Quelques semaines pendant lesquelles on prend à la fois soin du bébé et de sa maman. Une parenthèse dans la vie pour que le corps se remette, et que la femme récupère.

Dans notre culture, on incite les femmes enceintes à s’arrêter alors qu’elles devraient continuer à rester tonique.

A l’inverse, quand elles ont accouché on les incite à être actives alors qu’elles devraient se reposer.

Aller s’allonger et se reposer  n’est pas un réflexe. On a tendance à vouloir se lever et s’activer, ranger, cuisiner, recevoir les proches….Ce n’est pas intégré à notre vision de la grossesse…

Parler de quatrième trimestre, c’est comprendre que la grossesse ne se termine pas avec la naissance et que ce temps entre deux est à la fois nécessaire et précieux.

Anticiper!

Réfléchir et faire la liste de tout ce dont on aura besoin et de toutes les ressources qui sont à disposition pour vivre ce moment le plus sereinement possible. Le but étant surtout d’alléger la charge mentale.

C’est important de ne pas attendre d’être en difficulté pour s’organiser, parce que si vous êtes fatiguée, anémiée, remplie d’émotions contradictoires…. et que vous demandez de l’aide au dernier moment et dans l’urgence, non seulement ce sera plus compliqué mais en plus vos amies, votre famille ne seront peut-être pas aussi disponibles que si vous l’aviez anticipé!

Alors on discute et on s’ajuste avec le conjoint sur les différents sujets comme par exemple:

  • les visites au domicile, à la maternité
  • la logistique de la maison: courses, lessive, ménage…
  • les repas
  • les aînés: école, activités…
  • le cercle de soutien

On mise sur l’alimentation

Une alimentation nourrissante, réconfortante, régénérante. La médecine chinoise mais aussi les autres traditions comme “la cuarentena” en Amérique du Sud insistent sur le fait que les aliments doivent être chaud et cuits pour faciliter la digestion. et dépenser moins d’énergie.

Le corps a besoin de temps, il fonctionne au ralenti, être bien nourri est un facteur qui permet de bien récupérer. De même, être vigilant sur le risque d’anémie, et les besoins en fer. Voir votre naturopathe (médecin, sage-femme…) pour être complémenter en fer doux permet d’être moins fatigué. On peut mettre des mois à se remettre d’une carence en fer trop importante.

Alors on remplit ces placards, on cuisine des plats à l’avance qu’on congèle, on  prédécoupe des légumes… on demande à nos merveilleux amis de nous apporter leur fameuses lasagnes, ou leur succulente soupe de légumes…..quand ils viennent nous voir.

Du repos

La nouvelle mère vient d’accomplir un exploit digne d’un grand sportif , et il est important de prendre soin d’elle, elle a besoin de se reposer, d’autant plus si ce n’est pas dans ses habitudes.

Il lui faut du temps pour rétablir toute son énergie, surtout que les nuits peuvent être courtes et entrecoupées. Or si elle s’active dès qu’elle a un petit sursaut d’énergie, elle  vide sa réserve énergétique.

Alors on peut s’installer dans un endroit où on se sent bien, s’allonger et prendre ce temps pour se connecter au rythme de son enfant, l’observer, et apprendre à faire connaissance.

Trouver sa place en tant que père

On peut avoir tendance à vouloir se décharger de la logistique sur le papa en se disant qu’il pourra s’en occuper. Prendre conscience que le papa n’est pas là pour « aider » me paraît important.

Le père va sûrement  participer aux:

  • repas
  • lessives
  • ménage
  • courses
  • nuits
  • bains
  • couches
  • mais il va aussi retravailler assez rapidement, le congé paternité étant court
  • peut-être soutenir sa compagne émotionnellement dans son allaitement
  • et aussi DEVENIR PAPA

Une troisième personne (au minimum) me semble essentielle pour pouvoir savourer pleinement ces premières semaines avec le nouveau membre de votre famille.

Si on n’est que deux à gérer les tâches du quotidien avec bébé, on manque de temps pour se retrouver ensemble et vivre cette nouvelle parentalité.C’est un temps précieux pour poser les fondations de la nouvelle famille.

Alors, on peut mettre en place un cercle de soutien, des femmes, et peut-être des hommes présents, pour soutenir la famille. Préserver la mère, l’entourer de positif et de bienveillance et participer à la logistique.

Vous pouvez anticiper en réfléchissant aux personnes qui pourront venir vous donner un coup de main  et vous soutenir pendant le postnatal.

Mais aussi le nom de professionnels en lien avec la périnatalité : doula, sage femme consultante en lactation, accompagnante périnatale… et conservez précieusement leurs coordonnées au cas où.

Vous pouvez aussi penser à la cagnotte sur la liste de naissance pour une doula , des heures de ménage…. pour vous faciliter la vie.

Anticiper pour plus de sérénité!

Je vous souhaite un beau post-partum plein de douceur!

Partagez cet article

Partager sur facebook
Facebook
Partager sur twitter
Twitter
Partager sur linkedin
LinkedIn
jennifer bey sophrologue maternite

Jennifer Bey
Sophrologue Spécialiste de l’accompagnement pré et post-natal